Tout ce que M. Trudeau avait à faire était de dénoncer le mouvement khalistanais

À l’heure actuelle, vous avez sans doute déjà lu comment un terroriste sikh canadien reconnu coupable, Jaspal Atwal, a été invité à dîner avec le premier ministre Trudeau et serait resté sur la liste d’invités si mes collègues Candice Malcolm et Terry Milewski de Radio-Canada n’avaient pas sorti cette information.

Cependant, M. Atwal n’était pas le seul Canadien ouvertement pro-khalistanais présent durant le voyage.

Voici M. Manvir Singh Saini qui faisait partie de la délégation des médias de M. Trudeau et qui l’a accompagné à tous les événements officiels. Il était également au dîner où M. Atwal n’était pas invité.

Saini, qui prétend travailler pour une chaîne de télévision de la Colombie-Britannique, a été vu en 2015 en train de protester contre le premier ministre indien Narendra Modi, alors en visite au Canada. M. Saini tenait une bannière sur laquelle on décrivait le premier ministre indien comme étant un « terroriste » et où on y trouvait aussi les phrases suivantes : « Modi, tu n’es pas le bienvenu au Canada » et « L’Inde hors du Khalistan ».

Il est intéressant de noter qu’aucun des nombreux députés sikhs qui ont accompagné M. Trudeau n’a signalé la présence de ces deux hommes. Ils connaissaient sûrement tous M. Atwal et M. Saini et leur opinion anti-Inde et pro-khalistanaise, mais ils ont choisi de garder le silence jusqu’à ce que l’identité et le passé de M. Atwal soient rendus publics.

Saini a été démasqué par le journal de Delhi, l’Indian Express, mais sa présence a passé inaperçue au Canada.

Trudeau est maintenant de retour au pays, mettant fin à des vacances familiales qui étaient parfois une visite d’état qui pourrait fort bien être considéré comme l’exercice diplomatique le plus désastreux de l’histoire du Canada.

Visiter l’Inde en se concentrant uniquement sur une communauté et une province, c’est-à-dire le Pendjab, au détriment de grandes régions métropolitaines comme Chennai et Calcutta. Ne pas visiter de sites historiques comme les temples Khajuraho au Madhya Pradesh, les grottes d’Ajanta et d’Ellora d’Aurangabad et le temple coloré de Meenakshi au Tamil Nadu, dans le sud, était la preuve évidente que chaque étape visait à obtenir une banque de votes ethniques particulière au Canada. Tout cela est maintenant en jeu à cause de Jagmeet Singh, du NPD, qui a une opinion encore plus radicale concernant l’Inde que n’importe quel sikh du caucus de M. Trudeau.

Aux yeux des Canadiens qui ne sont pas sikhs, mais d’origine grecque ou irlandaise, qu’ils soient Québécois ou autochtones, hindous ou bouddhistes, tamouls ou chinois, il semble qu’aucun d’entre nous ne pesait dans la balance.

Au fil des ans, la politique canadienne a sombré de plus en plus profondément dans le gouffre de la « politique identitaire », où non seulement on peut s’emparer des nominations de circonscriptions, mais aussi de partis politiques entiers.

Si le premier ministre Trudeau avait été président-directeur général du Canada inc., un conglomérat transnational, le conseil d’administration l’aurait congédié pour son leadership inepte et pour avoir terni le nom de marque « Canada. »

Ce n’est pas seulement l’approche indulgente de M. Trudeau envers les extrémistes sikhs et son incapacité à « condamner » ou à dénoncer le mouvement terroriste du Khalistan qui le disqualifieraient comme premier ministre. Nous avions ici un premier ministre qui ne connaissait pas l’anniversaire du Canada et qui sortait des chiffres commerciaux bâclés d’un air sérieux.

On peut pardonner à M. Trudeau d’être le dernier des orientalistes de l’ère moderne, comme le définit l’érudit Edward Saïd dans son classique L’Orientalisme sorti en 1978. Le terme qu’il a inventé désigne une attitude généralement condescendante de l’Occident envers les sociétés du Moyen-Orient, d’Asie du Sud et d’Afrique du Nord.

Mais, les Canadiens peuvent-ils pardonner à M. Trudeau de ne pas connaître l’année de fondation de notre pays?

Le 22 février, tout en s’adressant aux hommes d’affaires indiens, M. Trudeau a déclaré : « Nos deux pays ont marqué d’importants jalons. Vous avez célébré le 70e anniversaire de l’indépendance de l’Inde et nous avons célébré le 100e anniversaire de la Confédération canadienne. »

Sauf que l’an dernier, le Canada a célébré le 150e anniversaire de la Confédération et non le centième.

Ce n’est pas seulement à propos de l’histoire que M. Trudeau s’est trompé. En ce qui concerne les relations commerciales et d’affaires entre les deux pays, M. Trudeau connaissait peu les chiffres et faisait allusion à des affirmations que son propre gouvernement devait par la suite corriger.

Après une rencontre avec les dirigeants des grandes entreprises indiennes le 20 février dernier, M. Trudeau a affirmé que les entreprises indiennes allaient investir un milliard de dollars au Canada, créant ainsi 5 800 emplois, mais c’était faux.

Comme Omar Sachedina de CTV l’expliquait dans un gazouillis, M. Trudeau avait grandement exagéré l’investissement indien au Canada, ce qui avait amené le Cabinet du premier ministre  à publier une correction : « CORRECTION : le premier ministre [Trudeau] a dit s’être mal exprimé lorsqu’il a fait une annonce devant un groupe de gens d’affaires lorsqu’il a déclaré qu’un milliard de dollars d’investissement indiens arrivait au Canada. Le cabinet du premier ministre mentionne maintenant que le chiffre est de 250 millions. »

L’autre montant de 750 millions de dollars provenait d’un investissement canadien en Inde, dont la moitié provenait de Brookfield Asset Management de Toronto, qui dépense 480 millions de dollars pour acheter un complexe de bureaux de 1,25 million de pieds carrés à Mumbai, projet qui était déjà en cours.

Mme. Barkha Dutt, l’une des journalistes les plus remarquables de l’Inde, qui ne supporte pas les imbéciles, a ramassé le premier ministre du Canada dans le Washington Post ce jeudi : « M. Trudeau a l’air fuyant et facétieux. Ses mouvements de danse orchestrés et ses multiples changements de costumes dans des kurtas et sherwanis fortement brodés le font ressembler davantage à un acteur de cinéma ou à un invité de mariage qu’à un politicien qui est ici pour parler affaires. Tout d’un coup, tout ce charisme et cette séduction semblent construits, factices et surtout pas sérieux. »

Mme. Dutt concluait son article cinglant par ce conseil : « Alors, la prochaine fois que vous viendrez en Inde, monsieur le premier ministre Trudeau, essayez de laisser les terroristes – et les kurtas de mariage – à la maison. »

Tout ce que Trudeau avait à faire pour que sa visite d’état soit un succès, c’était de prononcer les six mots suivants lorsqu’il rencontra pour la première fois des journalistes indiens à son arrivée : « Le Canada dénonce le mouvement khalistanais. »

Cependant, il ne pouvait pas et ne voulait pas. Jagmeet Singh attendait que ça arrive.

 

Article dans sa version originale anglaise ici.

 

Traduction : Laurence B

 

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